Principe d'action non-violente N° 3
Le principe d’action et de réaction - 2
Ce principe montre que les personnes et les choses ont des comportements déterminés qui opposent des résistances ou qui facilitent nos projets si nous agissons comme il convient. Lorsque, mus par des intentions irrationnelles nous forçons quelque chose contre son propre comportement, nous pouvons observer que celle-ci cède devant nos exigences, mais la conséquence, à plus ou moins longue échéance se traduira par des effets différents de ceux que nous voulions obtenir. L’être humain est forgeur d’événements, il donne une direction aux choses, il tend à planifier et à accomplir des projets. En somme, il se dirige vers des buts. La question est, cependant : Comment s’achemine-t-il vers ses buts ? Quel moyen adopte-t-il pour faire comprendre à une autre personne la solution au problème qu’elle lui pose : la force ou la persuasion ? S’il la force, tôt ou tard il y aura une réaction ; s’il la persuade, tôt ou tard, les choses s’additionneront.
Bien des personnes pensent que «la fin justifie les moyens» et elles agissent en forçant tout ce qui les entoure, obtenant souvent des résultats probants. Dans ce cas, la difficulté vient ensuite. Le but a été atteint, mais on ne peut pas le maintenir longtemps.
1er
Conte
-Le vieux Sileno était un satyre (moitié bouc et moitié homme) qui conseillait savamment Dionysos (Dieu du Vin). Son esprit était profond et judicieux, mais était dissimulé sous une apparence grotesque.
Un jour, en raison de son aspect, il fut capturé pendant son sommeil par quelques paysans. Ceux-ci, fiers de leur prise, amenèrent Sileno enchaîné devant le roi du lieu, nommé Midas.
Midas reconnut la nature du satyre et, après l’avoir libéré, organisa de grandes fêtes en son honneur, le priant de pardonner aux paysans leur erreur. Le sage Sileno accorda son pardon et voulut, en plus, récompenser le pieu esprit du roi.
- «Demande ce que tu désires et je te l’accorderai- dit Sileno- mais sois raisonnable car ce que je donne, je ne peux le retirer ensuite».
Alors Midas demanda au satyre ce qu’il avait désiré toute sa vie. Il demanda de pouvoir convertir en or tout ce qu’il toucherait, s’expliquant en ces mots : - «Mon royaume est pauvre mais les gens y sont bons et unis. Si j’étais riche, le bonheur scellerait tant d’efforts et tant de privations, tout le monde bénéficierait du don de son roi bien-aimé».
Sileno accorda à Midas ce qu’il souhaitait et disparut.
Immédiatement, les vêtements qui étaient en contact avec le corps du roi se convertirent en or. Alors Midas commença à parcourir ses domaines et à transformer en or les maisons des paysans, leurs étangs, leurs cultures et leurs animaux devant l’étonnement et le remerciement général.
Mais de retour au palais, cette nuit-là, une clameur plaintive monta jusqu’à lui... Ses sujets arrivaient avec des requêtes de plus en plus nombreuses.
- «Je ne peux traire mes chèvres en or ! -dit quelqu’un, et ma famille se trouvera sans lait et sans viande».
- «Les cultures ne donneront pas de fruits !» crièrent d’autres.
Et c’est ainsi que parvinrent jusqu’au roi toutes sortes de lamentations. Midas, réfléchissant à la solution du problème, se versa du vin et porta à sa bouche différents aliments et fruits. Tout se transforma en or et il n’y eut plus ni liquide, ni aliment qu’il pût avaler.
Dans ces circonstances, sa femme vint le réconforter en le caressant, mais immédiatement elle fut transformée en la plus belle des statues d’or.
Midas fit pénitence en invoquant Dionysos afin qu’il rompe le sortilège de Sileno ; et le bon dieu fit revenir les choses à leur état premier.
L’or disparut en fumée, les chèvres redevinrent chèvres, les étangs recommencèrent à contenir les eaux, les cultures s’agitèrent au vent et la femme du roi sortit de son rêve d’or.
Midas put alors manger et boire et remercia avec son peuple le dieu de leur avoir accordé la pauvreté.
Voyons à présent l’enseignement concernant le «rebond» de l’action :
Le principe d'adaptation - 1
Ce principe montre que lorsque l’on connaît à l’avance le dénouement d’un événement, l’attitude correcte est de l’accepter avec la plus grande profondeur possible, en essayant de tirer avantage, même de ce qui est défavorable. En examinant des moments de la vie dans lesquels nous n’avions pas connaissance de ce principe et avons, de ce fait, agit à l’inverse, nous aurons une illustration juste de la signification de ce principe. Il sera encore plus intéressant de réfléchir sur le moment que nous vivons et d’étudier les conséquences de souffrance pour nous et pour nos proches au cas où nous ne tiendrions pas compte de ce principe.
Nous expliquons que les choses auxquelles nous ne devons pas nous opposer sont celles qui ont un caractère inévitable. Si l’être humain avait cru, par exemple, que les maladies étaient inévitables, la science médicale n’aurait jamais progressé. Grâce à la nécessité de résoudre les problèmes et à la possibilité de le faire, l’humanité progresse. Si une personne reste seule dans le désert, est-il inévitable qu’elle meure ? Cette personne s’efforcera des trouver des issues à sa situation et, en effet, elle trouvera une oasis, ou bien elle sera elle-même retrouvée plus facilement si elle a utilisé tous les moyens possibles pour être vue à distance. Ce principe, pour pouvoir être correctement appliqué, se réfère donc à la situation qui est inévitable. Quant à la fable qui illustre ce principe, nous pouvons la raconter ainsi :
Conte
Dans un petit lac vivait une tortue appelée «Cou de Tortue», qui avait pour amies deux oies sauvages. Vint alors une sécheresse de douze années qui fit réfléchir les oies : « Le lac s’asséchera, nous devons chercher un autre point d’eau. Toutefois, nous devons dire au revoir à notre amie «Cou de Tortue ». Lorsqu’elles firent part de leur décision à la tortue, celle-ci leur dit :
-«J’habite ces lieux et je
pourrai toujours trouver de l’eau, mais vous, vous n’en auriez pas
suffisamment, je comprends très bien votre départ. Cependant, j’aurais une vie
ennuyeuse. Nous devons donc partir ensemble».
- « Nous ne pouvons pas
t’emmener avec nous, tu es une créature sans ailes. »
- «Mais, -continua la
tortue-, il y a un recours possible. Apportez donc un morceau de bois».
Les oies apportèrent un
morceau de bois et la tortue prit le bâton en son milieu avec ses mâchoires et
dit :
- «Maintenant, tenez-le
fermement avec le bec, chacune d’un
côté, et envolez-vous et voyagez régulièrement dans les hauteurs, jusqu’à ce
que vous découvriez un autre lieu désirable où nous pourrons vivre toutes les
trois ensemble».
Mais les oies rétorquèrent :
- «Il y a deux obstacles
à ce joli plan. D’abord tu n’as pas besoin de t’en aller, alors que pour nous,
c’est une question de vie ou de mort ; Le bâton et ton poids mettront notre vol
et ta vie en péril. De plus, si selon ton habitude, tu te mettais à parler, tu
perdrais la vie».
- «Oh ! -dit la tortue-
vous avez besoin d’eau et moi de votre compagnie, nous sommes donc dans la même
situation. Quant à ma conversation, dès maintenant, je fais vœu de silence ; je
me tairai tant que nous serons dans l’air».
Les amies mirent le plan à
exécution, mais, alors qu’elles emmenaient laborieusement la tortue au-dessus
d’une ville voisine, les habitants en bas remarquèrent quelque chose et un
murmure confus s’éleva quand ils se demandèrent :
- «Qu’est-ce donc cet
objet semblable à un chariot, que deux oiseaux emmènent dans l’espace, c’est
peut-être un maharadjah ou quelque autre être puissant ?»
La tortue, se souvenant des
pierres que les enfants jetaient sur elle dans le lac, voulut montrer au peuple
que maintenant elle volait et s’écria orgueilleusement :
- «C’est moi, Cou de
Tortue !»
A peine eut-elle prononcé ces mots que la pauvre lâcha le bâton et tomba à terre. Et les gens qui convoitaient sa chair, la coupèrent en morceaux et la mangèrent...
Questions :
1. Dans quelle situation de ma vie actuelle ce principe pourrait-il m’être utile ?
2. Comment pourrais-je l’appliquer ?
A mon frère du futur
C’est toi qui donnes sens à mon existence, toi qui m’insuffles l’inspiration.
Et c’est grâce au Message de Silo que le futur s’est éclairé et que j’ai pu t’apercevoir. Car à l’époque où est né le Message de Silo, le futur semblait avoir disparu et le présent était devenu une longue nuit.
Permets-moi de te faire un témoignage simple et de cœur, de comment le Message de Silo a converti ma vie. Le Message de Silo s’est insinué de façon si douce dans ma vie que tout d’abord je ne l’ai pas reconnu. Le message de Silo a une infinité de facettes, de portes d’entrée vers des expériences profondes, mais je vais en évoquer deux, celles qui ont été les plus importantes pour moi. Il s’agit de la demande et de la cérémonie de bien-être.
La demande
Cela permet de convertir n’importe quelle situation difficile. La demande est entendue pourvu qu’elle parte d’une profonde nécessité. J’affirme que ceci est valable pour tous les êtres humains quelque soit l’époque. Car tout être humain face à la maladie ou à la souffrance d’un être très cher, lance une clameur qui résonne au plus profond de l’espace intérieur et trouve une réponse. La demande est la chose la plus accessible que Silo nous a laissé et c’est peut-être pour cela qu’elle m’a accompagné jusqu’à présent. Mais qu’elle soit simple ne veut pas dire qu’elle ne soit pas profonde. Au contraire la demande peut nous amener à prendre « contact avec le Profond du mental humain, une profondeur insondable où l’espace est infini et le temps éternel ».
Après avoir fait une demande j’en ressors tellement bien que je n’ai qu’une envie : remercier. En cela la demande et le remerciement sont liés, comme s’il s’agissait d’un même espace intérieur. C’est l’espace des demandes et des remerciements, un espace où l’on se sent bien. Je peux y être même au milieu du monde car la demande et le remerciement peuvent se faire en tout lieu et à tout moment. Alors je me sens proche des autres tout en me sentant accompagné de l’intérieur par une présence protectrice.
« À un moment donné du jour ou de la nuit, inspire une bouffée d’air et imagine que tu amènes cet air à ton cœur. Alors, demande avec force pour toi et pour tes êtres les plus chers. Demande avec force, pour t’éloigner de tout ce qui t’apporte confusion et contradiction ; demande, afin que ta vie ait de l’unité. Ne dédie pas beaucoup de temps à cette brève oraison, à cette brève demande, parce qu’il te suffira d’interrompre un seul instant le cours de ta vie pour que, dans le contact avec ton intérieur, s’éclaircissent tes sentiments et tes idées. » Silo 4 mai 2005
La cérémonie de bien-être
Cette cérémonie reste un mystère pour moi. Participer d’une cérémonie de bien-être c’est entrer dans l’espace de l’affection pure. C’est une rencontre avec les autres participants et les êtres qui leur sont chers. Lorsque chacun les évoque, le sentiment affectif s’élève. Tout s'unifie, se réconcilie. Les liens qui nous unissent à eux sont sacrés, atemporels et ils sont une entrée vers les profondeurs de la conscience. La seconde partie de la cérémonie donne la possibilité d'expérimenter qu'il n'y a pas de séparation entre ce monde et les autres espaces, les autres temps. A la fin de la cérémonie nous nous sentons unis, immergés dans ce courant de bienêtre, entouré d’un silence réconfortant et les cœurs comblés. Elle est une porte ouverte vers l’expérience de l’amour, de la paix et de la joie chaleureuse. C’est une entrée vers les espaces sacrés. Avec le temps je me suis rendu compte à quel point cette atmosphère affective qui nous unit à la fin de la cérémonie, est sacrée. Elle nous permet d’entrer dans un monde de significations profondes, de capter cette Intention qui se manifeste à travers tout ce qui vit. En moi une Intention profonde se sert de ce monde et de cette vie pour me catapulter vers l'Infini. Je la perçois comme une substance qui unit tous les êtres. C’est en nous tous, cette lumière est en nous tous. C’est la « révélation intérieure à laquelle parvient celui qui, soigneusement, médite en une humble recherche ». (Silo, dans Le Message de Silo)
Mon frère,
Toi qui peuple les galaxies lointaines
Toi qui a vaincu la douleur et la souffrance
Toi qui sais dès ta naissance que tu es immortel
Toi qui sais que l’autre est divin.
Je suis certain que tu me regardes avec une grande compassion, car j’ai déjà
cru sentir la douce chaleur de ton regard plein de compassion envers moi et je me
suis senti aimé. Certainement dans le Profond nous nous sommes déjà rencontrés.


